La vigne fut implantée pour la première fois dans le Saint-Emilionnais, au IVe siècle par les Romains sur les coteaux de Pavie et d’Ausone. Cette prescience des anciens augurait une hiérarchie qui sera avalisée de nombreux siècles plus tard.
À partir du XIXe siècle la vocation viticole de Pavie s’affirme définitivement. En 1850, Pavie est mentionné dans la première édition de « Bordeaux et ses vins », parmi les premiers crus classés de Saint-Emilion. Le domaine actuel est alors réparti entre plusieurs familles de propriétaires, dont les Talleman et les Pigasse.
En 1885, le négociant bordelais Ferdinand Bouffard se porte acquéreur de l’ensemble des parcelles de la famille Fayard Talleman, puis, par des achats successifs constitue un vignoble homogène de 50 hectares, dont la production annuelle s’établit autour de 125 à 150 tonneaux. L’ensemble prend le nom de Pavie. Il inclut un vignoble géré de façon autonome baptisé Pavie-Decesse. Peu de temps après, les efforts considérables consentis par Ferdinand Bouffard, viticulteur aussi avisé qu’acharné, sont anéantis par le phylloxéra.
Quelques années plus tard, à l’issue de la première guerre mondiale, F. Bouffard vend la propriété à Albert Porte qui la cède lui même, en 1943, à une famille de négociants établis à Paris, les Valette. C’est sous l’administration de ces derniers qu’en 1954, lors du classement officiel des vins de Saint-Emilion, le château Pavie accède au rand de Premier Grand Crus Classé B.
L’arrivée de Gérard Perse à Pavie, en 1998, va être à l’origine d’un formidable bond en avant, aujourd’hui avalisé par l’unanimité des spécialistes du monde du vin.
Le vignoble est totalement repensé. Le nombre de pieds manquants était très important et certaines parcelles en très mauvais état ont été arrachées. Elles ont fait l’objet d’un vaste plan de replantation sur la base d’un nouvel équilibre cépage-sol.
2013,nouvelle ère après deux ans de travaux, un nouveau cuvier est achevé ainsi qu’un ensemble comportant une salle de dégustation et une salle de réception réalisés par le décorateur Alberto Pinto.
La gestion parcellaire, pour Gérard Perse, est impérative. Les cuves thermorégulées, en chêne français, sont au nombre de 21, nombre qui correspond aux parcelles déterminées à l’issue d’une analyse très poussée des sols. Ces cuves présentent l’immense avantage de générer une oxydation naturelle du marc correspondant strictement à ses besoins.
La récolte, vendangée à la main, arrive aux chais en cagettes, elle est triée manuellement avant d’être égrappée. Elle passe par un deuxième tri grain à grain sur table vibrante. Le transport dans le chai s’effectue par cuvons. Ce système est particulièrement doux pour le raisin, car il est gravitaire, et très sain puisqu’il évite pompes et tuyaux.
Ce chai est parfaitement isolé thermiquement : ses parois, tout comme le plafond, sont constitués de deux murs séparés par une couche d’air de même épaisseur. Les matériaux sont tous nobles, neutres et non polluants.
Au cœur de cet ensemble trône une fresque monumentale de l’artiste Michel Pourteyron, « Grappe Symphonie », dont l’explosion de couleurs « qui se versent et se renversent pour exprimer le mouvement de la grappe », contraste avec l’alignement monacal des barriques.
A la dégustation, les vins de Château Pavie se caractérisent par une grande concentration, beaucoup de puissance et d’intensité. « Il s’agit d’un premier cru, et à ce titre, destiné à entrer dans l’histoire de Bordeaux. Pavie est un vin qui doit donner du plaisir dans dix, vingt, trente ans.
L’immense potentiel du château Pavie a été sublimé par l’arrivée de Gérard Perse. Désormais au sommet de la hiérarchie de Saint-Emilion, 1er Grand Cru Classé A lors du dernier classement de Saint-Emilion de 2012, Pavie est également un lieu magique à découvrir.
Château Pavie
1er Grand Cru Classé A
Saint-Émilion Grand Cru • 35 HA