Château Nairac

Barsac • 18 HA

La propriété

En quelques mots

Le château Nairac porte le nom d’une célèbre famille protestante originaire de Castres. Au XVIIIe siècle, leur maison de négoce passe pour la première de Bordeaux dont le commerce est à son apogée. Elle est dirigée par Paul Nairac frère aîné d’Élysée qui ordonne la construction du château actuel terminée en 1786 et dont les dessins sont conservés aux archives de la ville de Bordeaux.
Auparavant Nairac portait la dénomination  » Bourdieu de Durancau  » le substantif Bourdieu désignant un lieu de campagne souvent viticole, Durancau étant le nom de son créateur.
Les vestiges de la maison de Durancau encore intégrés au château Nairac et clairement visibles : bâtiment oriental de l’actuel cour des communs, ailes en retour d’équerre à l’ouest du logis, chapelle voûtée d’arêtes, reste de deux tours d’escalier éclairées par d’étroites baies couvertes d’arcs segmentaires chanfreinés, prouvent bien que se dressait là une vaste demeure de la seconde moitié du XVIIe siècle commandant un domaine viticole.
À André Durancau, succéda Jérôme Mercadé, membre d’une famille de très ancienne bourgeoisie bordelaise qui s’était illustrée dans le commerce dès le XVIe siècle. En 1692, il acquiert une charge de greffier en chef de requêtes du palais. En 1696, il fait enregistrer ses armes que l’on peut encore discerner dans la chapelle du château. En effet ses alliances avec les Roborel et les Montallier, deux maisons de l’aristocratie de la prévoté royale de Barsac, lui avaient permis d’acquérir Durancau au début du XVIIIe siècle qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1744.
Son fils aîné Pierre établi dans le négoce possédait des magasins à Port au Prince où il avait épousé Elizabeth Prost, fille d’un riche planteur Créole. Celle-ci restée veuve épousera Félix Grandjean. Il semble qu’Elizabeth Prost ait séjourné très fréquemment sur son lieu de Barsac entre 1759 et 1771. Elle l’agrandit par l’achat de diverses parcelles de vignes dans la partie septentrionale de la paroisse dont une maison noble. À Durancau elle fait aménager un jardin et planter une garenne. Elle se décide à céder son domaine en 1777 à Élysée Nairac.
Un personnage aussi considérable qu’Élysée Nairac se devait de faire reconstruire la demeure.
L’architecte parisien Victor Louis achevait l’hôtel Nairac à Bordeaux (cours de Verdun) : il est plausible qu’il fut consulté ; les plans, élévations et coupe de l’édifice ont été retrouvés dans le portefeuille du célèbre artiste. Cependant les dessins sont signés pour exécution entre Élysée Nairac et Jean Mollié fils d’André et frère de Pierre Mollié tous deux architectes du duc d’Aiguillon. Jean Mollié participa aussi à l’entreprise du château Ducal. L’escalier principal à Barsac, toute proportion gardée, n’est pas sans rappeler l’escalier d’honneur du château d’Aiguillon.
Élysée Nairac, grand négociant de l’ancien régime, honnête homme, mourut en 1791 avant la radicalisation de la Révolution qui engendra de nombreuses difficultés. Un Nairac émigrera en Hollande à Barneveld dont il sera bourgmestre pendant plus de quarante ans.
Le peintre Wertmuller, artiste à la mode de la haute société protestante, fit le portrait d’Elysée Nairac et des deux filles Julie Emilie et Henriette qui reçurent Nairac en héritage. Après le décès d’Henriette en 1837 apparaît souvent le nom de Bernard Capdeville agriculteur de Barsac, négociant en vins, quais des Chartrons. Ses succès n’étaient pas étranger au fait que son épouse appartenait à la famille Merman : le frère de Mme Capdeville étant le plus grand courtier de son temps à Bordeaux.
Capdeville avait acquis le bien de Ségur après la Révolution. Il achète Nairac après la mort d’Henriette et le rattacha à celui de Ségur.
En 1855 son vignoble est classé second cru et figure sur la liste établie par les courtiers bordelais conjointement avec celui de Broustet l’une des propriétés Capdeville. À sa mort, sa fille Georgina, épouse de Pierre Brunet, reçoit Nairac. Brunet présida l’Académie des sciences lettres et arts de Bordeaux, fut un écrivain prolixe. Il s’intéressa à la viticulture sur laquelle il écrivit, occupa le poste de directeur de la chambre de commerce de Bordeaux entre 1854 et 1876.
Notre édition de 1868 soulignait la qualité des vins de Nairac qu’elle hissait au-dessus de ses pairs. Brouillée avec ses neveux, Georgina Brunet institua pour héritière une lointaine parente Mme Arnichard qui revend le domaine, en 1908, à un négociant et propriétaire lorrain : Jacques Charles Perpezat.
Pendant le presque demi-siècle où Nairac fut géré par M. Perpezat, le vignoble connut un nouvel essor. Des parcelles lui furent adjointes et toute l’exploitation fut consacrée à la vigne ; sa production atteignit une trentaine de tonneaux.
En 1954, M. et Mme Perpezat firent donation de Nairac à leur fille Mme Mas. Celle-ci le revend au docteur Seynat, conseiller municipal de Bordeaux, qui ne le gère pas comme un grand cru l’exige ; il le cède en 1972 à Thomas Heeter, Américain passionné de vins et Nicole Heeter née Tari (de Giscours et Branaire Ducru).
Durant cette période d’éclipse pour les grands vins de Sauternes qui avaient pourtant été les plus chers de Bordeaux dans les années 1920, ils relancent Nairac très confiants pour le nouvel essor de ces vins d’exception. Ils y adjoignent trois hectares dans le Haut Barsac et font revivre la demeure qu’ils habitent de 1974 à 1984 en famille.
Depuis 1987, Nicole Tari-Heeter reste seule aux commandes avec ses trois enfants americano-français très attachés à Nairac : Nicolas, Jessica et Éloïse.
Elle s’attache à remembrer l’enclos principal clos de mur, entreprend la restauration des bâtiments de ferme du XVIIe siècle et veille à maintenir des choix rigoureux pour obtenir la plus grande qualité.
En culture : taille sévère, façons traditionnelles, vendanges très sélectives pour ne cueillir que les grains atteints de botrytis, cette pourriture noble ici, et désastreuse partout ailleurs mais dont seul le goût très spécifique donne tout son caractère aux vins de Barsac et Sauternes.
Pour la vinification, une fermentation en barriques de chêne même dans les années difficiles est de mise, même si l’on sait que le vin ne pourra être mis en bouteilles sous l’étiquette Nairac et sera diffusé en  » générique « .
Qualité de l’habillage pour ce vin d’exception. Qualité enfin d’un accueil toujours personnalisé et raffiné pour ce produit  » inséparable d’une culture « .

Appellation

Barsac

Commune

Barsac

Le vignoble / Le chai

Sols graves alluvionnaires sur sous-sol marno-calcaire
Vignoble Château Nairac

Les vins de la propriété

Les activités œnotouristiques

Château Nairac
Château Nairac
Château Nairac
33720 Barsac

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