Organisme de représentation • Bordeaux
Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux
À propos
Plus connu par ses initiales CIVB, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux est un organisme créé par la loi du 18 août 1948 et modifié par le décret 2006-1731 du 9 novembre 2006. Ses activités s’inscrivent dans le cadre communautaire (Règlement CE1234/2007 portant Organisation du marché vitivinicole). Il est placé sous la double tutelle des ministères de l’Agriculture et des Finances, et soumis au contrôle économique de l’État.
Le rôle du CIVB est d’établir un contact permanent entre les viticulteurs et les négociants en vue de faciliter le règlement de questions communes. Il peut aussi, par le biais d’accords interprofessionnels étendus par les pouvoirs publics, décider de disciplines collectives applicables à la filière.
Le CIVB assume trois missions définies par la loi :
- économique : assurer la connaissance de la production, du marché, de l’environnement et la commercialisation des vins de Bordeaux dans le monde ;
- technique : faire avancer les connaissances, préserver la qualité des vins de Bordeaux et anticiper les nouvelles exigences en matière d’environnement et de sécurité alimentaire ;
- marketing & communication : soutenir la commercialisation des professionnels de la filière. Développer la notoriété des vins de Bordeaux. Assurer un environnement économique favorable pour les vins de Bordeaux.
À ces missions essentielles, s’ajoutent des missions d’intérêt général comme la défense des terroirs, la lutte contre la contrefaçon, le développement de l’œnotourisme, l’adaptation à l’environnement concurrentiel…)
Situé dans un magnifique hôtel du XVIIIe siècle, le CIVB souvent appelé « Maison du Vin de Bordeaux » , propose au grand public un bar à vins et une école du vin qui leur permet de découvrir la gamme des soixante AOC des vins de Bordeaux.
Histoire de l’interprofession en quelques étapes
La logique interprofessionnelle nait après la guerre de 1914-1918 à l’initiative de M. Fernand Ginestet, sous la forme d’une association : l’Union de la Propriété et du Commerce. Il faudra attendre la fin de la seconde guerre pour que les pouvoirs publics créèrent, par la loi du 18 août 1948, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux.
1948 - 1965
C’est l’étape de la « propagande » qui permet de relancer après la guerre, la commercialisation des vins de Bordeaux en s’appuyant naturellement sur le prestige des grands crus.
En fin de période, une crise fit prendre conscience de la nécessité de sortir des balbutiements et de doter l’Interprofession de pouvoirs. C’est ainsi que fut signé le 8 décembre 1965, le protocole des vins de Bordeaux à l’origine de l’agrément obligatoire, d’un approfondissement de la connaissance des marchés et de la mise en oeuvre d’une politique contractuelle entre production et négoce.
1966 - 1975
Le décret du 16 novembre 1966 vint réorganiser les structures professionnelles du CIVB qui ne bougeront quasiment pas jusqu’au décret de novembre 2006. Par ailleurs des mesures concrètes sont prises : l’agrément après contrôle analytique et dégustation et l’enregistrement obligatoire des transactions en vrac.
Après une période euphorique, force est de constater l’impuissance de l’Interprofession à éviter les crises. Il faudra attendre celle de 1974 pour que les pouvoirs publiques rénovent le système interprofessionnel par la loi du 10 juillet 1975 qui donne aux interprofessions agricoles des pouvoirs économiques et des moyens financiers.
1976 - 2000
Après une nouvelle réorganisation de ses structures professionnelles (décret du 16 février 1976), l’interprofession met progressivement en place la politique nécessaire à la maîtrise et au développement du marché des vins de Bordeaux grâce aux accords interprofessionnels étendus par les pouvoirs publics et aux moyens financiers dont elle se dote.
Cette période de près de 25 ans se traduit par un extraordinaire développement du vignoble bordelais qui double sa production et sa commercialisation au plus grand bénéfice du bassin d’emploi. Parallèlement, la filière réinvestit massivement dans son outil de production et de commercialisation, sans oublier de financer un programme de recherche important.
Le budget promotionnel du CIVB est décuplé entre 1978 et 1988 autour d’un logo « verre et nœud papillon » et d’un slogan « Bordeaux, la couleur du bon goût ». Pour la première fois, un vin parle comme une marque.
Depuis 2000
Bordeaux comme l’ensemble de la filière française a traversé une période de doutes, liée à un retournement de conjoncture, au dynamisme d’une concurrence nouvelle, celle des vins du Nouveau Monde, à la crise financière mondiale de 2009. Manifestement, le cycle de croissance forte et continue s’achevait provoquant des difficultés à certaines entreprises, tandis que le marché international du vin restait porteur.
Cette période a accéléré les mutations dont la filière avait un impérieux besoin : restructuration des entreprises, effort qualitatif : engagement dans la recherche et dans le développement durable, mise en place d’un observatoire économique du marché, développement de l’œnotourisme, protection des terroirs, redéploiement de la publicité et utilisation massive d’Internet et des réseaux sociaux… et un « Plan Bordeaux Demain » qui reste le fil conducteur des actions du CIVB.
Principes de fonctionnement de l’interprofession
Le CIVB, créé par la loi du 18 août 1948, a une triple mission : économique, qualitative et promotionnelle. Il est soumis à la double tutelle des ministères de l’Agriculture et des Finances. Un commissaire aux Comptes désigné par son assemblée générale ainsi qu’un contrôleur d’État désigné par le ministère des Finances, assurent la vérification des comptes de l’interprofession.
Son assemblée générale est composée à parité de 50 viticulteurs et négociants ayant voix délibérative. Ces professionnels sont élus par leurs pairs proposés par leur fédération professionnelle respective et nommés pour trois ans, par le préfet. À cela s’ajoutent 48 membres (représentants de l’État, des collectivités, d’universités, d’organisations agricoles et professionnelles …), à voix consultative.
Son rôle est de se prononcer sur les grandes orientations interprofessionnelles, sur le budget, et d’élire en son sein les membres du bureau ainsi que le président. Elle se réunit trois fois par an.
L’assemblée générale du CIVB élit aussi un président pour trois ans (viticulteur ou négociant) dont le vice-président représente l’autre famille.
Le bureau de l’interprofession est composé de 24 membres professionnels (12 viticulteurs et 12 négociants), d’un membre associé (le président des courtiers de la Gironde) et de trois représentants de l’administration de tutelle (Agriculture, douanes, DGCCRF).
Il met en œuvre la politique de l’interprofession en s’appuyant sur différentes commissions.
Les commissions sont composées de professionnels experts. Aux trois commissions spécialisées (marketing, économie et études, techniques) qui alimentent les réflexions du bureau s’ajoutent des commissions ad hoc selon les sujets à traiter (commission terroirs, commission œnotourisme). Ces commissions sont à effectifs différents mais le paritarisme entre viticulture et négoce est la règle.
Enfin, l’interprofession s’appuie aussi sur six groupes organiques, composés de viticulteurs et négociants, formés soit sur une base territoriale (Médoc et Graves ; Saint-Émilion-Pomerol-Fronsac, Côtes), soit autour d’un produit (Bordeaux, vins blancs secs, vins blancs doux).
Enfin une structure administrative met en œuvre la politique des professionnels ; elle est dirigée par un directeur général nommé par le bureau et agréée par les pouvoirs publics.
La vie interprofessionnelle est régie par trois principes et un outil. Les principes sont ceux de :
- la représentativité des personnalités membres du CIVB. Notamment la délégation des viticulteurs et des négociants doit correspondre à une bonne représentation des entreprises ;
- l’équilibre paritaire, car toutes les instances de nature interprofessionnelle ont une composition paritaire ;
- du consensus, car il ne saurait y avoir de filière fonctionnant de façon satisfaisante dans un rapport de force constant.
L’outil est celui de l’accord interprofessionnel. C’est une disposition puissante qui permet aux professionnels de définir des disciplines collectives. Ces accords doivent respecter la réglementation, mais dès lors qu’ils sont « étendus » par les pouvoirs publics, ils ont alors un caractère contraignant pour tous les ressortissants de l’interprofession.
Parmi les accords, celui qui fixe le montant des cotisations : elles sont basées sur les sorties des chais des viticulteurs en termes de volume et selon trois taux en fonction de la notoriété des appellations concernées.
Avec 4,24 milliards d’euros de chiffres d’affaires, un bassin d’emploi de plus de 50 000 personnes, une notoriété internationale qui bénéficie à toute l’économie locale, le vin de Bordeaux est un poids lourd de l’activité économique.