Pomerol

• 800 ha

Pomerol est le nom d’une commune voisine de Libourne, qui la limite à l’ouest et au sud. Au nord, le ruisseau de la Barbanne la sépare de Lalande-de-Pomerol, et à l’est, elle est limitrophe de Saint-Émilion, dans la région de Cheval Blanc et de Figeac.

Pomerol et ses frondaisons nuancées, ses petites maisons blanches disséminées dans le vignoble, ses châteaux, son église, constituent une œuvre d’art de la terre girondine. Ses origines sont très anciennes et remontent à l’époque romaine. Dans une étude publiée sur cette commune, due à l’érudition de J.-A. Garde, on relève que le plateau de Pomerol était sillonné de deux voies antiques, dont l’une était fréquentée par le poète Ausone pour se rendre du port de Condat, près de Libourne, à sa villa de Lucaniac.

Au XIIe siècle, les puissants Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem y établirent leur première commanderie en Libournais. Ils y édifièrent leur manoir, un hôpital qui accueillait les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle, et une église dans le style roman le plus pur. Ce furent les Romains qui cultivèrent les premiers la vigne à Pomerol, les Hospitaliers en maintinrent la culture. Le vignoble fut plus ou moins abandonné et dévasté pendant la guerre de Cent Ans et l’occupation anglaise. Il fut reconstitué au cours des XVe et XVIe siècles, mais fut à nouveau mis à mal pendant les guerres de Religions. Tenaces, les vignerons de Pomerol, habitués à faire face aux aléas les plus divers, replantent. Depuis cette époque, les vins de Pomerol ne cessent d'acquérir davantage de renommée et de valeur. Mais c'est au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle qu'ils prennent l'essor que nous leur connaissons aujourd'hui. Ils sont de plus en plus recherchés par les amateurs du monde entier. Dans le courant du XIXe siècle, les navires partant de Libourne et de Bordeaux portent outre-mer leur renommée. Celle-ci est telle que, dès 1900, les viticulteurs de Pomerol créent un syndicat afin de défendre leur appellation, avec notamment pour objectif d'empêcher les viticulteurs des communes voisines d'étamper abusivement leurs barriques au nom de Pomerol. Bien avant le décret-loi de 1935 instituant les AOC, durant la phase judiciaire instaurant les appellations d'origine dites simples, un jugement de 1928 confirmé par un arrêt de 1931, décide que seule une partie bien délimitée de la commune de Libourne pourra revendiquer l’appellation Pomerol.

Dans les deux précédentes éditions, nous faisions part de nos craintes de voir cette partie viticole grignotée et rongée par une urbanisation galopante ou la construction de voies nouvelles. À ce jour, heureusement, il semble que les viticulteurs ont su mieux qu'ailleurs protéger leur terroir et être vigilants. Cependant, si certains projets ont été modifiés ou paraissent avoir été modifiés, ils doivent demeurer attentifs, car, à tout moment, la pieuvre peut s'éveiller et s'étirer.

En 1956, le vignoble de Pomerol souffre beaucoup des gelées. De nombreux propriétaires profitent, pour sa reconstitution, des derniers progrès de la technique et en particulier des travaux de sélection des porte-greffes et des cépages. Là encore, les Pomerolais, par la maîtrise de leur savoir-faire, ont su montrer que tradition et progrès n'étaient pas incompatibles pour la recherche d'une meilleure expression du terroir. En littérature classique, pour qu'une pièce soit bonne et réussie, il faut qu'elle réponde à la célèbre règle des trois unités : unité d'action, unité de lieu, unité de temps. Pour le vin, il en est de même.

Et Pomerol réunit ces trois conditions essentielles que l'on peut décliner ainsi : unité du terroir, harmonie des cépages, responsabilité commune des hommes. Le plateau de Pomerol descend peu à peu en terrasses successives vers la vallée de l’Isle et son confluent avec la Dordogne. À l’est, les sols sont graveleux, de graves anciennes. Au centre de la commune, les sols sont argilo-graveleux, et ils sont sablo-graveleux à l’ouest. Le sous-sol est argileux au nord et au centre, graveleux vers l’est. Presque partout, on trouve dans le sous-sol une sorte de grès ferrugineux ressemblant à l’alios du Médoc appelé encore « crasse de fer » ou « mâchefer ». Analysant les phénomènes successifs qui, au long des millénaires, ont vu se succéder les dépôts molassiques, sableux ou argileux, presque entièrement recouverts par une nappe alluviale de graves, Henri Enjalbert, dans son ouvrage Les Grands Vins de Saint-Émilion, Pomerol et Fronsac, nous permet de parfaitement mieux appréhender et comprendre le caractère unique du terroir de Pomerol. Celui-ci est basé sur une exceptionnelle composition géologique : graves de surface plus ou moins compactes ou sablonneuses, reposant sur un sous-sol comportant des oxydes de fer, allié à un micro-climat spécifique, pour ainsi dire unique. 

Les cépages

Les cépages principaux : 5

  • Cabernet franc
  • Cabernet Sauvignon
  • Malbec
  • Merlot
  • Petit Verdot

Aires et zones géographiques

Aire géographique — 3 communes

  • Libourne
  • Pomerol
  • Lalande-de-Pomerol

Rouge Sec Tranquille

Dégustation & service

  • Arômes violette
  • Arômes cerise rouge
  • Arômes fraise
  • Arômes griotte
  • Arômes truffe
  • Arômes champignon frais
  • Arômes cerise noire
  • Arômes mûre

Intensité olfactive

FaibleDiscrèteAromatiqueDéveloppéeExpressivePuissante

Intensité gustative

Très faibleFaibleMoyenneForte

Température de service

18 °C

Attaque

franche

Acidité

fraîche

Longueur

très longue

Garde moyenne

20 ans

À propos des crus s

Un dégustateur inspiré a dit un jour : « Pomerol, c'est le vin qui fait aimer le vin ».

Le vin de Pomerol surprend le dégustateur qui ne connaît pas la personnalité de ce grand vin : à la richesse du Bourgogne, il allie la finesse du Médoc et la générosité du Saint-Émilion. De ce fait, c’est un vin qui, même s'il donne déjà beaucoup de plaisir en jeunesse, demande à vieillir, à devenir adulte. Il se révèle alors dans toute la splendeur de son talent et sollicite nos sens : la vue, par le brillant, le velouté, la densité de la robe ; l'odorat, par les parfums exquis et subtils de fruits rouges, de truffe et de violette ; le goût, allié au toucher, lorsqu'en bouche il dévoile le soyeux de son corps, sa rondeur donnée par le merlot et une touche apportée par le cabernet qui apporte un équilibre parfait. Des arômes de jeunesse succèdent avec le temps sur un merveilleux bouquet de truffe.

Vin complet, de plaisir, vin de tous les plaisirs, il accompagne avec bonheur tous les mets y compris le foie gras (mi-cuit, cuit au sel, cuisiné), les viandes rouges (rôti de bœuf en croûte), gibier à poil (lièvre à la royale), poisson cuit au vin rouge (lamproie), champignons (cèpes, truffes à la serviette), fromages, bref c’est le vin des gourmets gourmands.